Vous avez été nombreux à nous solliciter pour en savoir plus sur le marché de l’emploi. En cette période incertaine, les informations disponibles sont peu nombreuses. Les entreprises ont-elles stoppé leurs recrutements de commerciaux ? Un employeur peut-il mettre fin à ma période d’essai si je viens d’être embauché.e ? Quelles sont mes chances de trouver un poste commercial en tant que jeune diplômé.e ?

Nous avons sondé les différents acteurs du marché (sites d’emploi, entreprises et recruteurs) pour répondre à vos questions dans cette FAQ entièrement dédiée à l’emploi.

« Les entreprises ont dû geler leurs recrutements. Est-ce que ça vaut le coup de postuler ? » - Frédéric

C’est la grande question ! On peut lire un peu partout que tous les recrutements sont à l’arrêt et que les entreprises attendent la reprise pour en lancer de nouveaux. Nombre de candidats ne pensent même plus à postuler en se disant que de toute manière, aucune entreprise ne doit recruter. Dans les faits, la réalité est plus nuancée.

La grande majorité des recrutements en cours au début de cette crise se sont poursuivis. Si certains secteurs comme la distribution, l’événementiel et le btp ont été particulièrement touchés, d’autres ont eu besoin rapidement de commerciaux. Le e-commerce, le transport, la santé, l’export…

Ce sont les nouvelles offres qui ont diminué. D’après une étude du mois de mai, le moteur d’emploi Indeed a enregistré 45 % de dépôts d’annonce en moins par rapport à l’année dernière. Si ce chiffre peut paraître conséquent, on est loin de l’arrêt généralisé des recrutements comme on a pu l’entendre dans certains media. Même son de cloche dans l’informatique, où une étude Candor rapporte que 46 % des 7 000 sociétés interrogées embauchent toujours pendant la pandémie (contre 32 % qui ont gelé leurs recrutements). Il y a encore des milliers de postes de commerciaux à pourvoir en ce moment.

« À quand la reprise des recrutements ? » - Nina

Nous y sommes déjà. Depuis le déconfinement progressif annoncé le 11 mai, les recrutements repartent à la hausse. Les entreprises ne peuvent pas se passer de commerciaux, surtout en cette période. C’est le nerf de la guerre ! Pour survivre, il va falloir être plus compétitif, aller chercher des parts de marché sans attendre.

Les économistes s’accordent à dire que la reprise sera lente et progressive. Pas de V ou de W avec un retour rapide à la normale comme on a pu le vivre dans des crises précédentes, mais plutôt une remontée graduelle au fil des mois. Les directeurs commerciaux l’ont bien compris et réouvrent les vannes pour se préparer. Pour preuve, nous venons de lancer 5 nouveaux recrutements ce matin *rire* !

Au-delà de cette anecdote, on constate chaque jour depuis 3 semaines que l’activité btob redémarre. Les patrons d’entreprise commencent à sortir la tête de l’eau sur les sujets administratifs et sanitaires. Ils retrouvent de la bande passante pour échanger sur le business et, notamment, les modalités de relance. Le recrutement arrive rapidement sur la table. Pour les candidats, les semaines à venir vont être une excellente période pour se positionner !

« J’ai un process en cours mais peu de retours. Comment s’organisent les entreprises en ce moment ? » - Meriem

Si les premières semaines de confinement ont chamboulé les process de recrutement et rallongé les délais, les entreprises se sont depuis adaptées. Aujourd’hui, les mesures sanitaires sont connues et le gouvernement a clarifié la situation sur les modalités de déplacement.

Afin d’éviter la propagation du virus, les premiers entretiens se déroulent généralement au téléphone ou en visio-conférence. Puis, lorsqu’il s’agit de rencontrer le directeur ou le manager commercial, des entretiens sont organisés en physique.

Au final, très peu des recrutements que nous opérons se déroulent 100 % à distance. Autant pour les candidats que pour les opérationnels, il est important de se rencontrer. Changer de job est une décision lourde de conséquence ; pandémie ou pas, il est normal que les candidats sachent où ils mettent les pieds - tout en respectant les mesures de sécurité bien sûr !

« Des recruteurs m’appellent mais je ne sais pas si je dois donner suite. C’est dangereux de démissionner en ce moment... » - Patrice

Pas plus qu’il y a trois mois. Le code du travail n’a pas changé et reste très précis à ce sujet. Avant d’être recruté, les employeurs sont tenus d’envoyer une offre de contrat de travail ou une promesse unilatérale de contrat de travail. Dans le premier cas, l’entreprise peut se rétracter avant l’acceptation du candidat mais sa responsabilité pourra être engagée pour des dommages et intérêts... Dans le second cas, l’entreprise ne peut tout simplement plus se rétracter. Dès lors que vous avez en main une offre ou une promesse, le process est globalement enclenché.

Une fois recruté, les difficultés économiques actuelles constituent difficilement un motif de rupture de période d’essai. Légalement, les employeurs peuvent rompre une période d’essai sans invoquer aucun motif. Mais ils devront pouvoir justifier que la motivation de la rupture est liée à un défaut de compétence de votre part et qu'elle n'est pas discriminatoire. Dans le contexte actuel et avec la volonté de l’État de préserver un maximum d’emplois, les organismes de contrôle sont assez regardant. Les périodes d’essai comportent toujours un risque, surtout sur les fonctions commerciales, mais les entreprises ont compris le message du gouvernement.

« Je viens tout juste de finir mes études. J’ai une chance de trouver un poste commercial ? » - Willy

Vous êtes nombreux à vous poser cette question. Les derniers chiffres de Jobteaser montrent que 45 % des jeunes diplômés se déclarent inquiets pour les perspectives d’emploi. Cette inquiétude est compréhensible : certains secteurs sont sinistrés et les recrutements redémarrent à peine.

La bonne nouvelle, c’est que les entreprises vont avoir besoin de sang neuf. Comme en 2008, les difficultés économiques vont forcer les directions commerciales à faire le point sur leurs équipes et leurs performances. Nous n’avons pas vu jusqu’à présent de repli des recruteurs vers les profils confirmés. Je pense au contraire que les jeunes ont une véritable carte à jouer. Ils ont la fougue et l’énergie nécessaires pour aider les entreprises à regagner leurs points de croissance. Après tout, la vente a toujours donné sa chance aux autodidactes et aux passionnés !

Juin devrait donc offrir de belles opportunités. Après plusieurs mois de flou, les indicateurs montrent que les besoins en recrutement reprennent. La situation exige de la patience, ce qui n’est pas toujours évident à cet âge *rire*, mais je suis convaincu que nombre d’entre vous auront trouvé d’ici septembre. N’oublions pas qu’avant la crise, la France manquait de 200 000 commerciaux…

« Je viens d’être embauchée dans une entreprise de nettoyage industriel. Tous leurs commerciaux sont en télétravail, vous savez si je serai formée ? » - Christine

D’abord, félicitations ! Les bonnes nouvelles sont à célébrer en ce moment. Ensuite, c’est une question évidemment à aborder lors de vos process de recrutement. Le contexte du secteur, la gestion de la crise, la solidité financière de l’entreprise, tous ces éléments sont d’autant plus importants à évoquer en entretien qu’ils vous permettront de prendre la bonne décision. Si l’entreprise commence à vous cacher des choses, c’est sûrement que vous n’avez pas mis les pieds au bon endroit.

Concernant l’intégration, les politiques diffèrent d’une entreprise à l’autre, en fonction des possibilités de chacune. Dans les grosses forces de vente qui disposent de ressources pour former à distance, la prise de poste se fera directement sur le terrain. Pour les plus petites structures, les intégrations au siège sont encore très souvent proposées. Dans tous les cas, la période demande de l'adaptation des deux côtés et il faudra sûrement faire preuve d'agilité les premières semaines.

Cette FAQ s'achève ici. Nous espérons que ces informations pourront vous aider dans votre recherche d'emploi. Pour terminer sur une note positif, la vente est devenue ces dernières années le nerf de la guerre des entreprises. Les commerciaux et responsables de compte sont cités, avec les développeurs, comme les fonctions les plus recrutées et il y aurait en permanence plus de 50 000 postes non pourvus dans la vente... Si le contexte reste difficile, le vent tourne rapidement dans la vente et les opportunités ne devraient pas tarder à revenir !